YOGA

Décés de mon père... Une aide pour ceux qui souffrent de la disparition d'un proche. Comment faire face au deuil ?

 

 

 

Décés de mon père... Une aide pour ceux qui souffrent de la disparition d'un proche. Comment faire face au deuil ? De l'autre côté...

 

Cela se passe en aout 2013, pendant l'organisation d'une retraite de Yoga de 15 jours.

Quelle retraite !

Je ne pourrais jamais oublier les visages et ces moments magnifiques partagés dans cette retraite de Yoga que j'ai organisé avec Amine et Patrick du 10 au 24 aout...
Nous avons partagé la lumière et la conscience de notre nature profonde, nous avons grandi et évolué ensemble et partagé le départ de mon père.

Je tiens à remercier chaleureusement du fond du cœur toutes les participants à cette retraite et l'aide apportée par cette lumière dans la douleur de voir partir un être si cher pour moi, je sais que cela a été une aide précieuse pour mon père dans sa souffrance du départ et après.
Merci à mes amis et compagnons de chemin Amandine, Amine et Patrick, fidèles et lumineux dans la même volonté de partager et donner ce qui nous anime en toute simplicité.

Je souhaite témoigner et vous offrir mon expérience vécue dans les deux derniers jours de mon père, cela pourrait être une aide pour chacun dans les tourments à venir.

Le 19 dans la nuit je reçois un message de mon frère qui est sur Nice et qui me dit que les marqueurs du foie s'écroulent pour mon père et que je devrais venir à Nice le voir.
Le matin je participe au cours de Yoga du matin et je pars à Nice, la retraite est dans la journée de jeûne et silence...
Quand j'arrive à l'hôpital L'archet 2, mon père est au second sous-sol, en réanimation.
Le choc en arrivant est dur, les larmes coulent, il est jaune citron un peu vert…
La doctoresse, demande à nous parler et nous annonce avec une infinie bonté et douceur que notre père est à la fin de sa vie, le foie et les reins ne travaillent plus du tout.
La tumeur dans le colon avait métastasée le foie en totalité, le foie s'est arrêté en premier puis les riens, c'est fini…
Elle nous propose de le mettre dans une chambre à part pour avoir plus d'intimité.
Il est mis dans une salle de réanimation, tous les appareils électroniques crépitent autour de lui.
La salle est froide, sans fenêtre sur l'extérieur, sans vie elle n'a pas servie depuis longtemps et de ce fait sert un peu de débarras, mais elle est propre et relativement bien rangée.
On peut se poser la question du pourquoi l'hôpital CHU l'archet 2, construit sur une belle colline dominant la mer avec une vue si belle et paisible, n'a pas pensé organiser une salle pour ceux qui sont en partance et bénéficier du calme et la lumière du large et du ciel bleu ?
Les heures passent les constantes de mon père restent stables, il est costaud, musclé par des années d'entrepreneur de maçonnerie, il semble si fort, si jeune encore, si beau…

Si l'ambiance de la salle est assez désastreuse, les infirmières et les infirmiers sont extraordinaires de gentillesse et d'humanité, toute ma famille les remercie chaleureusement.
Dans la soirée, l'infirmière en chef nous dit : « Votre père est admirable, c'est un être d'une très grande élégance, il ne se plaint jamais, il essaye de nous aider constamment, il serait triste de l'entendre gémir car il commence à avoir le masque de la douleur, parlez entre vous et si vous voulez on peut mettre un peu de morphine pour qu'il ne souffre pas ».

J'en parle avec mon frère, je me dis qu'il ne faut pas atténuer la conscience et la phrase de la Bhagavad-Gītā revient à mes oreilles dans la scène où Krishna dit à Arjuna sur le champ de bataille Kurukshetra : « Penses-tu qu'une flèche, une lance puisse anéantir l'âme qui est éternelle ? »
Alors on prend la décision de lui donner un peu de morphine.
Par moment le chagrin me submerge, mais je reste fort dans la conscience en connexion avec mon père.
Dans la nuit, vers 2 heures du matin mon père dort calmement, j'amène ma mère chez mon frère à Nice, et vais dormir moi aussi.

Mon frère est resté dans la chambre.
Vers 8 heures je reviens.
Mon frère part dormir un peu.
Je suis là avec ma mère.
Vers 11 heures les infirmières demandent que nous sortions de la chambre pour faire un soin à mon père.
On monte au rez-de-chaussée boire un café et manger quelque chose.
On redescend 30 minutes après, en entrant dans le couloir, un infirmier me dit qu'il n'est plus là.
Je rentre dans la chambre, soutient ma mère qui s'écroule un peu. Je lui dis que c'est souvent ainsi, les gens partent dans un moment où ils sont seuls, il aura été sublimement pudique jusqu'au bout…
Je suis en conscience avec mon père depuis des heures et là, devant moi le corps ne respire plus, les machines ne fonctionnent plus, il n'y a plus rien…
J'écoute dans son corps, rien ne bouge, rien ne semble avoir lieu. Il y a comme une suspension totale.
Je fais appeler mon frère, il arrive rapidement, avec sa compagne.
Ma femme, Corinne est arrivée aussi, il commence à y avoir des agitations, il y a beaucoup à faire à gérer…
Je m'isole par moment pour prier et rester en conscience avec mon père, mon frère aussi, ma mère trouve aussi cette force.
Avec mon frère on prend la décision d'aller appeler la famille et les amis, on remonte au rez-de-chaussée.
La charge émotionnelle est forte, mon père était un être généreux, intelligent et calme, aimé de tous les gens qui l'on rencontré dans son existence.
Alors la nouvelle est terrible pour beaucoup et les larmes coulent.
On se calme avec mon frère, sa compagne organise le transfert vers Cavalaire.
Après plus d'une heure, on décide de redescendre au second sous-sol.
Avant d'arriver devant la porte du service de réa, on passe devant la porte du service des naissances des gens sont là dans les larmes de joie, l'image assez étrange d'un grand aéroport me vient, avec les écrans qui annoncent les départs et les arrivées, c'est un peu étrange comme organisation…

J'entre dans le couloir pour aller à la chambre et là l'âme de mon père s'accroche à moi !
Il m'a pris par le bras gauche et se blottit contre moi, apeuré

Je ne suis plus dans l'émotion, et le mental est coupé depuis des jours grâce à la pratique du Yoga dans la retraite qui a commencé le 10 aout.
La perception n'a rien de mentale ou imaginaire, elle est absolue est sans appel.
Il est là contre moi, un peu apeuré et heureux de me retrouver.
Mes jambes vacillent sous la charge, je ne m'attendais pas à cela, d'autant qu'un peu plus d'une heure avant tout était très calme.

Alors je parle à mon père à voix haute, comme si je lui parlais de son vivant.
« Papa, tu as été un homme merveilleux et calme tu n'as rien à craindre, tu es lumineux, reste calme et va vers la lumière »
En même temps je demande à ce qu'il soit aidé dans ce passage et en fermant les yeux, je vois un axe vertical, blanc et tout devient léger avec une très belle lumière tout en haut, douce, céleste.
Comme la sensation qu'il a perdu les couches lourdes de l'existence et qu'il a retrouvé sa pleine lumière, mon cœur devient léger, j'ai la sensation alors que mon père est juste dans une pièce à coté…

Il y a des choses à faire, tout le monde s'active et parle, la gestion de la vie reprend ses droits…
Me voilà assez rapidement dans la voiture et d'un coup un doute s'installe, une peur.
Je me dis que je n'ai pas assez pris de temps pour bien écouter si effectivement il n'est plus en train d'errer dans les couloirs de la réa.
Mon cœur me dit que tout est léger et lumineux, mais le mental est revenu en force avec ses doutes…
Je fais alors confiance en la vie, en la lumière divine et m'en remet à elle, car de toute évidence tout cela nous dépasse.

Je reviens dans le lieu de la retraite après un repas partagé chez mon frère.
Tout le monde pratique et je vais m'assoir devant la vue sur la mer, le moment est calme et sublime, la lumière est là encore pour mon père.
Un grand moment de grâce.
Le cours se fini, et je retrouve les uns après les autres les participants, c'est bon de les voir et de les serrer dans les bras et d'être dans un lieu fort où le feu des pratiques à tout purifié et où il règne une belle présence céleste.
La salle vibre si fortement que mon cœur est touché.
Je sens en chacun de vous combien vous aussi vous avez été touché par la disparition d'êtres chers et combien nous sommes égaux dans cette réalité de nos existences.
Il y a eu des moments très touchants, des regards, des embrassades, des rires, des sourires, des saveurs, tant de lumière et de joie, merci !
Je remercie Corinne, ma femme qui a pris en charge énormément d'organisation et ma mère pendant que j'étais dans la retraite de Yoga. J'ai essayé d'être le plus présent des 2 cotés...

Vendredi, je suis allé le voir au funérarium à Cavalaire et mes doutes sur la montée de mon père vers la lumière ont disparus, une douce émanation de lui est présente.

7 jours après, lors d'un sommeil un peu agité, mon père est revenu me voir sous la forme d'un être libre de toute forme humaine, c'était magnifique !
J'ai vu l'être céleste que nous sommes tous, une grande boule blanche, lumineuse. J'ai essayé de prendre mon père dans les bras, mais on saisit difficilement de l'énergie...
Sa présence était magnifique !!

7 jours après il est revenu de la même manière, en me tapotant sur l'épaule...

J'ai tant de gratitude pour toi !
Continue ton chemin dans la lumière, nous nous rencontrerons encore.

Merci pour tout !

 

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